CARREFOUR DE LA PRESSE - ACTUALITES

ECUME DE PRESSE (22 décembre)

 

Lu dans Marianne

Le remède contre « l’imposture  permanente » de la représentation politique et de sa professionnalisation,  Jacques Julliard le connaît tout en sachant qu’il ne serait jamais mis en œuvre (il en fait même le pari) : il suffirait de décider « l’interdiction de se présenter deux fois de suite à la même fonction. A ceux qui rétorquent qu’une telle règle priverait les assemblées de l’expérience indispensable, je réponds : c’est une blague. Les seules assemblées qui ont réformé la France et ont établi les lois que nous respectons étaient faites d’hommes neufs, et inexpérimentés : témoins, la Constituante de 1789, l’Assemblée nationale de 1848, la Commune de Paris, les Assemblées de 1945-1946. Car, si l’élection est à l’honneur de la démocratie, la réélection est son fléau. Le souci de la réélection est à la base de toutes les lâchetés, de toutes les faiblesses, de toutes   les capitulations. »

L’éditorialiste de Marianne met le doigt sur une des faiblesses de la démocratie mais comment y remédier quand l’adoption de la mesure « dépend exclusivement de ceux auxquels elle est censée s’appliquer ».  Malheureusement, Julliard gagnera son pari.


ECUME DE PRESSE (11 décembre 2012)

 

Entendu sur France Culture, le billet d’Hubert Huertas

« Il y a a comme un décalage, et il sautait aux yeux lors de la remise du Nobel de la paix à l’Union Européenne. Un décalage dans le temps, ce Nobel récompense une réussite des années 1950. Un décalage institutionnel : ceux qui recevaient le prix ne sont pas les personnages centraux. Et un décalage fiscal. Au moment où l’Union était fêtée, et récompensée, un acteur français célèbre allait planquer ses sous en Belgique, c'est-à-dire à cinq cent mètres de son pays, derrière une frontière étanche. C’est comme si le désordre allait se ressourcer dans l’ordre, le bazar dans la simplicité, et la guerre dans la paix….

(..) Comme si les armes d’hier, qui étaient les obus et les canons, n’étaient pas remplacées par celles d’aujourd’hui, qui sont le dumping social ou l’évasion fiscale, et que le soldat Depardieu, ou le sapeur Halliday, ou le colonel Bernard Arnault, ne venait pas rappeler que le Nobel c’est bien joli, mais qu’à la guerre comme à la guerre… »

On ne saurait mieux analyser le paradoxe européen.


ECUME DE PRESSE (20 novembre 2012)

 

Lu dans Libération

Dans son éditorial, Nicolas Demorand évoque le retour de bâton que subit l’opposition, celle-là même qui n’a cessé de traiter le gouvernement d’amateurisme :

« Rire, d’abord, et à gorge déployée. Rire en voyant les deux prétendants à la présidence de l’UMP, accompagnés de leurs soutiens respectifs, c’est-à-dire d’une immense fraction de l’opposition, battre le gouvernement à plates coutures en termes d’amateurisme, de couacs majuscules, de dossier mal ficelé, de déclarations contradictoires et de haines tenaces. Eux, censément les grands professionnels, les fauves au sang-froid qui auraient su diriger la France mieux qu’une gauche par définition incapable, ne savent même pas organiser un tout petit scrutin afin de départager leurs ambitions. »

Les hommes politiques sont impayables et pour s’être gaussé à l’époque des errements du parti socialiste lors de l’affrontement calamiteux Aubry-Royal en 2008, le parti de droite n’en devient que plus ridicule pour être tombé à son tour dans ce bal des ego exacerbés.


ECUME DE PRESSE (23 septembre 2012)

 

Lu dans Le Monde

- Christophe Ayad s’interroge sur le traitement par les médias des caricatures de Mahomet publiées dans Charlie Hebdo. Le journaliste juge qu’à cette occasion, a été mis en lumière un journalisme « préventif » consistant à «confectionner la bande-annonce d'un spectacle attendu, voire inconsciemment souhaité». Il ne s’agit plus de relater des faits, mais de les anticiper pour ne pas les rater. Du coup, Ayad  «pointe une dérive qui consiste à annoncer les choses de peur de ne pas les avoir vues venir avant qu'elles surviennent. Et, au final, à les provoquer, par crainte qu'elles ne se produisent pas, puisque les médias, comme la nature, ont horreur du vide».

Une belle analyse des dérives du journalisme-spectacle où il s’agit plus de créer l’information que de la rapporter, commenter et analyser.


ECUME DE PRESSE (6 septembre 2012)

 

Lu dans le Nouvel Observateur

- Dans sa chronique, Jean-Claude Guillebaud  évoque les sondages sur le moral des Français et dénonce un malentendu qu’on peut dissiper en cliquant sur le site de l’INSEE : « Depuis 2004, le questionnaire utilisé pour sonder les ménages a été refondu et harmonisé au niveau européen. Il consiste désormais en onze questions. Surprise : elles sont toutes financières –niveau de vie espéré, épargne projetée, dépenses prévues, etc. Bref, ce ne sont pas vraiment les Français que l’on sonde, mais le consommateur qui sommeille en eux, que Daniel Cohen, dans son dernier livre, compare à un « prophète égaré ». Au final, ce qu’on appelle notre « moral » se ramène tout bêtement à notre envie d’acheter »

Le matérialisme ambiant trouve sa plus belle expression dans ces statistiques dépourvues de ce supplément d’âme (les valeurs partagées) qui rend plus harmonieux le vivre ensemble.


ECUME DE PRESSE (7 juin 2012)

 

Lu dans le Nouvel Observateur

- Dans sa Chronique, Jean-Claude Guillebaud  dénonce « tous ces bavards au verbe creux » que sont « les chansonniers patentés, chroniqueurs à calembour et dérision sans merci », jugeant qu’ « une immense farce colonise encore l’espace audiovisuel. Elle donne le ton. » Ainsi à propos de Grand Journal de Canal +, dont l’audience est en baisse, il souhaite y voir le fait que « la souffrance sociale qui pèse sur nos démocraties commencerait –enfin- à rendre indécente cette « info galéjade » avec paillettes, nunucheries et questions idiotes ».

Rhabillés pour l’été les Denisot, Massenet et consorts…


ECUME DE PRESSE (30 mai 2012)

 

Lu dans Challenge

- Après six années à la tête d’EADS, Louis Gallois laisse à Tom Enders un groupe aux caisses pleines. Il réagit sur les propositions du nouveau président de réduire les salaires des patrons :

 

Que vous inspire cet écart de 1 à 20 ?

C’est raide pour certains. Mais avec les 5% de salaires les plus bas à 30.000 euros annuels dans un groupe comme le nôtre, ça ferait 600.000 euros. On peut quand même vivre avec 600.000 euros!

 

Vous êtes donc trop payé [2,98 millions d’euros, ndlr] !

Je constate que je gagne dix fois plus qu’à la SNCF. Y a-t-il une telle différence de responsabilité ? Je ne le ressens pas comme tel. Ma position personnelle, que je n’impose à personne, est qu’une rémunération comme la mienne est inexplicable à l’extérieur. A personne. Je règle ça avec ma conscience en faisant un usage socialement utile de ma part variable. Il me reste très largement de quoi vivre!

Enfin un patron qui ne vit pas dans sa bulle !


ECUME DE PRESSE (10 mai 2012)

 

Lu dans Marianne (Rubrique de Nicolas Bedos « Le Journal mythomane »)

- « Cécilia s’est barrée ? Elle connaissait la suite. Carlotta l’a remplacée ? Attends de connaître la suite ! Elle change de favori comme elle change de tronche : tu la vois ma Carla, consolant un joggeur avec des problèmes d’élections ? C’est une chasseuse de tête, pas une infirmière bulgare »

Sans commentaires.


ECUME DE PRESSE (8 mai 2012)

 

Lu dans Vosges Matin

- Le maire UMP de Remiremont, Jean-Paul DIDIER, interrogé au lendemain de la présidentielle fatale à son candidat, a livré cette analyse : « C’est la chronique d’une défaite annoncée. Il s’agit plus de la défaite de Nicolas Sarkozy que d’une victoire de François Hollande. Il s’agit avant tout du rejet de la personne même de Nicolas Sarkozy, de sa manière d’être, de sa personnalité. Il y a eu un certain nombre d’incohérences dans la première partie de son mandat. Je pense à beaucoup de décisions prises à chaud en permanence. Les élus de terrain ont aussi été beaucoup méprisés. Il a donné les pouvoirs à l’administration aux dépens des élus (..) »

Voilà qui a le mérite de la lucidité et confirme le véritable divorce qui existait entre le Président et les élus de terrain.


ECUME DE PRESSE (18 avril 2012)


Lu sur le site du Nouvel Observateur

- Chantal Jouanno s'explique sur son tweet d'hier, où elle évoquait des "raisons personnelles d'être contre Nicolas Sarkozy". Interrogée par 20minutes.fr, elle affirme "j’ai eu des oppositions violentes avec Nicolas Sarkozy, notamment sur la taxe carbone. Il m’avait alors trainée dans la boue... Ou du moins, désavouée violemment". Elle évoque d'autre sujets de discorde mais les désaccords les "plus violents ont été sur les questions écologiques. Tout le monde le sait, c’est de notoriété publique".

Après Fadela Amara, Chantal Jouanno : la Sarkozie s'éparpille...


ECUME DE PRESSE (7 avril 2012)

 

Lu dans Télérama du 4 avril 2012

- A propos de Patrick Poivre d’Arvor, candidat à l’Académie française, Emmanuelle Anizon écrit : « Il veut porter le bicorne, l’épée et l’habit vert. Il a raison. C’est chouette, une panoplie neuve d’académicien quand on a usé ses déguisements. Talentueux conteur de sa propre épopée, architecte inspiré de sa mythologie médiatique, Patrick Poivre, depuis tout jeunes, (se) raconte des histoires. »

La suite mérite le détour. Je vous invite à la découvrir. PPDA y est rhabillé pour l’hiver.


ECUME DE PRESSE (29 mars 2012)


Lu dans le Nouvel Observateur (chronique de François Reynaert)

- "Sarkozy est l'homme du présent perpétuel, de l'instant permanent. Pour lui, le seul intérêt de l'avenir est qu'il lui offre le pouvoir de redire, avec une sincérité absolue, avec un brio ébouriffant, le contraire de ce qu'il a dit la veille."

Pris sur le vif...


ECUME DE PRESSE (23 mars 2012)

 

Lu dans le monde 

- Dans sa chronique télé (« C’est tout vu »), Isabelle Talès a suivi les événements de Toulouse à travers le petit écran et constate : « Sur les chaînes info où se sont succédé anciens négociateurs du RAID, experts en islamisme, Al-Qaidologues rescapés des débats de la veille, on sent poindre la fatigue. Il faut dire que les journalistes s’épuisent à tout commenter, y compris ce qui n’a pas à l’être – « C’est évidemment l’émotion qui domine cette minute de silence… », a-t-on entendu à la place du silence ».

31 heures à commenter ce qui se passe dans une rue de Toulouse qu’ils ne voient pas, c’est une gageure que certains journalistes ont tenue à force de bavardages et de répétitions des mêmes informations jusqu’à plus soif. France Info, LCI, I-télé et consorts, mal à la tête !


ECUME DE PRESSE (15 mars 2012)

 

Lu dans Libération

- « Le coup de rein de Brandao est une arme redoutable. Depuis son but ayant donné la qualification à l’OM en huitième de finale de la Ligue des champions, contrôle du dos, accélération, tir réflexe, on sait que le Brésilien concentre son talent au niveau des lombaires. Coup de rein glorieux qui fait étrangement écho à celui, sordide, donné il y a un an sur une aire d’autoroute à une femme de 24 ans… »

Après son but, de joie, Brandao a fait un… viol plané.


ECUME DE PRESSE (8 mars 2012)

 

Lu dans Libération

- Dans sa chronique hebdomadaire, Alain Duhamel souligne : (..)  « Si l’on compare la campagne présidentielle française à la campagne russe, elle ressemble à l’épiphanie de la liberté. Si on la compare à la campagne des élections primaires américaines, elle incarne le comble de l’élégance et le triomphe de la distinction. Si en revanche on la contemple en elle-même, alors on ne peut que ressentir frustration et déception ».

Comment mieux dire que l’actuelle bataille politique hexagonale manque de hauteur de vues…


ECUME DE PRESSE (1er mars 2012)



Lu dans le Nouvel Observateur

- Dans la chronique du très avisé Jean-Claude Guillebaud : « Les protagonistes (de la campagne présidentielle) courent le risque de ne plus vraiment être des politiques dont on discute les idées, mais des comédiens dont on évalue –en temps réel- les performances télégéniques ».

On saurait mieux dire de notre société de l’image et du paraître.



Emile Allais (photo Le Progrès)

ECUMES DE PRESSE (25 février 2012)

 

Lu dans « L’Equipe mag »

- « Emile Allais, premier champion du monde français de ski alpin a créé des stations, dessiné des pistes, inventé des skis, conçu des tenues, révolutionné la manière de skier : il a eu 100 ans samedi »

« L’Equipe mag » lui consacre un magnifique reportage en guise d’hommage au skieur de Megève, resté magnifique en dépit des ans et qui continue à faire du ski !

 

 

Lu dans « Aujourd’hui en France »

- « 4 euros et quelques » : la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, à un auditeur d’Europe 1 qui lui demandait : « Vous, la porte-parole du candidat du peuple, pourriez-vous dire quel est le prix d’un ticket de métro ». (Ndlr : 1,70 €)

Ne peut se proclamer candidat du peuple qui veut !


ECUME DE PRESSE (17 février 2012)

 

Lu dans le Monde

- « Sans être remisé au magasin des accessoires, le scénario de 2002 s’éloigne, souligne Pascal Perrineau, directeur du centre de recherches politiques de Sciences Po, en évoquant l’hypothèse d’une qualification au second tour de la fille de Jean-Marie Le Pen. Au terme d’un mouvement de ‘dédiabolisation’, Marine Le Pen s’est normalisée et on lui demande aujourd’hui d’être aussi crédible que les ‘grands candidats’ », analyse le politologue pour expliquer son affaiblissement.

Le mano a mano Sarkozy-Hollande est devenu le scénario prioritaire sans que ni la patronne du FN, ni François Bayrou ne puissent désormais le contrarier sauf… énorme surprise.


ECUME DE PRESSE (16 février 2012)

 

Lu dans Le nouvel Observateur

Dans la chronique de Jean-Claude GUILLEBAUD, intitulée « Vous avez dit ‘valeurs’ ? »

- « Rarement une élection présidentielle aura été, à ce point, saturée de chiffres. Une impression d’asphyxie en découle, comme si les calculettes remplaçaient les cerveaux (..) De ces chiffres secs on nous invite à attendre notre bonheur, pour ne pas dire notre salut. Nous sommes englués dans le quantitatif comme des oiseaux de mer dans le mazout ».

Jean-Claude Guillebaud, en humaniste éclairé, sait faire la part entre les chiffres et les lettres. Les premiers occultent les véritables valeurs. Une chronique à ne rater sous aucun prétexte.


ECUMES DE PRESSE (12 février 2012)

 

Lu sur le blog de Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny

- « Le fait est implacable dans tous les sens du terme et pour autant il ne fait pas la une des journaux ni n’est au cœur de la campagne électorale qui se déroule : Il y a 3 291 000 enfants pauvres en France ». (chiffre de l’Action Sociale au 1er janvier 2010)

Est-il besoin de commenter ?

 

Lu sur Le Point.fr

Suite aux propos de Claude Guéant, le site du magazine demande à ses lecteurs de choisir la citation de « civilisation » qui les inspire le plus.

- "Le mélange, la rencontre, les chocs" : "C'est de l'isolement que meurent les civilisations" (Octavio Paz)

- "La civilisation est quelque chose d'imposé à une majorité récalcitrante par une minorité qui a compris comment s'approprier les moyens de puissance et de coercition" (Sigmund Freud)

- "Une civilisation naît au moment où les hommes sans génie croient qu'elle est perdue" (Thomas Mann)

- "Comment peut-on être persan ?" (Montesquieu, ironie romanesque)

- "Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures, car elles ont le devoir de les civiliser" (Jules Ferry)

- "Je préfère les civilisations où on rencontre Mozart, Vinci, Pasteur, Platon... Je suis abominable, je sais" (un lecteur)

- "Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage" (Montaigne)

Sur 5000 votants, Montaigne et le lecteur sont au coude à coude…


ECUME DE PRESSE (8 février 2012)

 

Lu dans Aujourd’hui en France

- La phrase du jour : « Si je fais 2-3%, on va me donner le ministère de la Jeunesse et des Sports… et ça s’arrêtera là. ». Eva Joly expliquant (en souriant) que seul un score supérieur à 5% permettrait que l’environnement soit pris au sérieux au cours du prochain quinquennat.

De l’humour et du réalisme…


ECUME DE PRESSE (7 février 2012)


Entendu sur TF1

- François Bayrou a jugé « gênant » le soutien apporté par Angela Merkel à Nicolas Sarkozy : « Qu’elle vienne à l’Elysée en tant que chancelière et qu’elle adoube M. Sarkozy, il y a là quelque chose de déplacé parce qu’il ne peut y avoir de candidat officiel de l’Allemagne dans l’élection présidentielle française ».

L’UMP serait-il devenu le parti de l’étranger ? Référence à l’accusation portée jadis contre le parti communiste à propos des ordres reçus de Moscou.


ECUME DE PRESSE (26 janvier au 1er février 2012)

 

Lu dans Paris Match

- Dans un entretien, le linguiste Claude Hagège évoque les manœuvres de la CIA et de l’USICA (United States International Communication Agency) en ces termes : « A l’origine, ce sont ouvertement des organisations destinées à noyauter les autres pays, par une action clandestine ou ouverte, par des marchandages, on vous donne tant d’argent si vous acceptez l’implantation d’une université anglophone. Le français a ainsi été chassé de pays où il était en bonne position, comme au Vietnam, parce qu’ils ont donné des dollars en échange ».

Théorie du complot ou réalité ? On peut se faire son opinion en lisant  le dernier livre de Claude Hagège « Contre la pensées unique » (ed. Odile Jacob)