ALLEE DES BULLES - ACTUALITES

SILAS COREY : SUR LA TRACE DE L'HERITIER ZARKOFF


On avait quitté Silas Corey aux prises avec Madame Zarkoff (« Le Réseau Aquila »), industrielle de l’armement, et à la recherche d’un reporter disparu. Engagé par Georges Clemenceau désireux de faire tomber le gouvernement Caillaux, notre détective aventurier, ancien reporter et agent du 2e Bureau, avait également offert ses services à Madame Zarkoff et au 2e Bureau. Mais il s’était retrouvé confronté à l’espion Aquila, directeur des opérations du Kaiser en France en pleine Grande Guerre…

Novembre 1918. La « der des ders » est terminée. Silas Corey fête la victoire avec des soldats heureux d’être enfin sortis de l’enfer quand son assistant Nam l’avertit qu’une ancienne connaissance, Albert Percochet vient d’être assassiné. Il a rendu l’âme dans leur chambre d’hôtel. Corey lance alors son enquête et découvre que Percochet travaillait pour Madame Zarkoff.

Cette dernière, en fin de vie, s’est retirée en Suisse mais sa fortune fait des envieux. Mais Madame Zarkoff a un héritier et Silas Corey doit le retrouver.


Action et suspense au rendez-vous dans ce premier tome de « Le Testament Zarkoff ». On attend le tome 2 avec impatience.


« Le Testament Zarkoff » (1/2), de Fabien Nury et Pierre Alary, chez Glénat.

 

Gévé 

KERSTEN, MEDECIN D'HIMMLER

 

Ils furent quelques-uns, lors de la seconde Guerre mondiale, à agir dans l’ombre pour sauver les Juifs voués à une mort certaine. Félix Kersten est l’un d’eux…

 

Ce masseur suèdois, qui soigna les membres de la famille royale de Hollande, se retrouva au service du Reichsführer Heinrich Himmler. Victime de terribles maux de ventre, le maître absolu de la SS trouve l’apaisement sous les mains de Kersten et se confie à son bienfaiteur en lui révélant des informations essentielles sur les opérations secrètes du Reich. Se rendant compte de la situation privilégiée qu’est la sienne, le médecin, en guise d’honoraires, obtiendra la libération de milliers de prisonniers détenus dans les camps de concentration et parviendra à annuler la déportation de la population hollandaise de Pologne.


Mais sa promiscuité avec Himmler n’est pas du tout du goût de Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo et bras droit du Reichsführer…


« Kersten, médecin d’Himmler », tome 1 : « Pacte avec le diable », de Patrice Perna et Fabien Bedouel, chez Glénat.

 

Gévé

BLAKE ET MORTIMER : "LE BATON DE PLUTARQUE", L'ALBUM D'AVANT EDGARD...

 

Edgar P. Jacob disparu, le capitaine Francis Blake et le professeur Philip Mortimer continuent leur route… Ce fut d’abord Bob De Moor qui poursuivit l’œuvre du père de nos héros britanniques avec le second tome des « Trois formules du professeur Sato ». Jean Van Hamme et Ted Benoit lui emboîtèrent le pas avec « L’Affaire Francis Blake » et « L’étrange Rendez-vous ». Van Hamme s’associa avec René Sterne et Chantal De Spiegeller pour « La Malédiction des trente deniers », mais ce sont Yves Sente, aux scenarii, et André Julliard, aux dessins, qui, depuis « La machination Voronov », semblent être les successeurs d’Edagar P. Jacob, malgré le passage de Jean Dufaux, Antoine Aubin et Etienne Schreder le temps d’un album : « L’onde Septimus ». Ce dernier, sorti en 2013, en quelque sorte la suite de « La Marque jaune », était le dernier de la série de reprises. Avant que Yves Sente et André Julliard ne se remettent à l’ouvrage pour sortir, l’an dernier, « Le bâton de Plutarque ».

 

Là encore, c’est un clin d’œil au créateur de nos héros « so british ». Avec cette vingt-troisième  aventure de Blake et Mortimer, on fait un énorme bond en arrière. Nous sommes en 1944, en pleine Seconde Guerre mondiale et cet album se situe deux ans avant « Le secret de l’Espadon », premier tome. Une histoire sur fond d’espionnage, de documents codés que l’on ne peut déchiffrer que grâce à un ingénieux système qu’utilisaient les Spartiates en 400 avant JC.


C’est également dans « Le bâton de Plutarque » que le capitaine Francis Blake et le professeur Philip Mortimer font connaissance.

 

Un scénario totalement raccord avec « Le secret de l’Espadon » ; il fallait y penser. En tout cas, une aventure bien dans l’esprit d’Edgar P. Jacob.


On attend avec impatience le prochain album…

 

« Le bâton de Plutarque », par Yves Sente et André Julliard, aux Editions Blake et Mortimer.

 

Gévé

BON SANG...

 

Le pétrole, l’or, les diamants… Que de richesses superflues. Dans les temps futurs, ceux qui les possèdent ne seront pas les plus nantis. Car une chose dominera tout ce qui fait briller les yeux des hommes : le sang.


C’est l’idée de départ de l’album de Guillaume Dorison et Mathieu Moreau. Nous sommes en 5612. Un virus a infecté la Terre. Tous les humains sont anémiés et doivent être régulièrement transfusés.

 

La Loi du Sang, instaurée par l’Empire pour faire régner l’ordre, offre à tous une répartition équitable. Mais les fidèles des Seigneurs du sang, sorciers férus de croyances ancestrales, résistent à l’Empire. Ils collectent eux-mêmes le sang, leur arme pour écarter la fin du monde annoncée par la légende de Nibiru. Et dans ces périodes troubles, Alicia Ek semble être la seule capable de sauver l’Humanité…

« Le Cycle de Nibiru » ; tome 1 : « La Loi du sang ». Par Guillaume Dorison et Mathieu Moreau, chez Glénat.

 

Gévé

ABEL WEISS : MORT MAIS PAS TROP...

 

Pour tout le monde, Abel Weiss est mort. Il n’est plus dans les registres de l’Administration. Sa maison n’existe plus, pas plus que son compte en banque… Pourtant, Abel Weiss est bien vivant. Il a été victime d’un très grave accident, a perdu sa fille et sa femme et est tombé dans le coma mais il s’est réveillé. Sept ans après.


Pourquoi l’a-t-on ramené à la vie alors que l’on a effacé toutes traces de sa vie antérieure ? Pourquoi la seule personne capable de l’identifier a-t-elle été tuée ? Non seulement Abel n’a pas de réponses à ces questions mais il est recherché par la police et en particulier l’agent  Mac Govern, et devra, seul trouver les clés de l’énigme…


« Le Syndrome d’Abel », tome 2 : « Kôma » ; tome 3 : « Au-delà… ». Par Xavier Dorison et Richard Marazano, chez Glénat. 

 

Gévé

LE PREMIER A LA MECQUE

 

On connaît Richard Burton l’acteur ; beaucoup moins son homonyme, qui fut célèbre bien avant le mari de Liz Taylor… Le capitaine Richard Francis Burton, érudit et homme d’esprit britannique, a mené une vie romanesque et voyagé sur tous les continents. Il parlait 29 langues dont l’arabe et 11 dialectes.

 

Celui qui nous intéresse donc ici ne gravita pas dans le monde du cinéma. Pourtant, il eut pu faire un excellent comédien, tant ses talents pour se grimer, pour se faire passer pour ce qu'il n’est pas, lui permirent de bluffer tous ses interlocuteurs. Enfin, presque tous (il devra supprimer Saad, son compagnon de voyage, qui l’avait démasqué)…

 

Nous sommes en pleine Angleterre victorienne. En 1864 plus précisément. Un conflit oppose Burton à un autre explorateur, John Hanning Speke, sur l’endroit exact des sources du Nil ; le premier nommé les situant sur le lac Tanganika, découvert peu avant par les deux hommes, le second sur le lac Victoria, trouvaille du seul Speke et nommé ainsi en l’honneur de la reine. L’hostilité entre les deux hommes est grande et leurs divergences doivent être aplanies lors d’un débat à la société royale de géographie, chacun devant exposer sa théorie.

De débat il n’y aura point puisque Speke ne sera pas au rendez-vous. Il meurt  la veille lors d’une tragique partie de chasse. Ce qui n’empêche pas Burton d’être pris à partie par le journaliste Oliphant qui met en doute ses qualités d’explorateur et la véracité de ses découvertes…

 

Richard Francis Burton se lance alors dans le récit de son expédition en Arabie. Grâce aux scénaristes Christian Clot, ancien comédien et cascadeur reconverti dans les expéditions d’explorations et Alex Nikolavitch, et au dessinateur Lionel Marty, nous suivons donc la folle équipée de Richard Francis Burton au cœur de l’Arabie, qui débute au Caire en 1853 où, déguisé en pèlerin, il se fait passer pour « un pathan d’Afghanistan né dans l’Hindoustan mais élevé à Rangoon, grand voyageur, derviche à ses heures et médecin-magicien ». La seule façon, pour lui, non-musulman, de voyager sans encombre. Burton sera, ainsi,  l'un des premiers Occidentaux à atteindre la Mecque. Il en rapporte notamment des croquis et des mesures de la Kaaba (construction en cube qui trône au milieu de la masjid al-Haram, la « Mosquée sacrée »).

 

Captain Sir Richard Francis Burton, « Le voyage à la Mecque », par Christian Clot, Alex Nikolavitch et Lionel Marty - Collection Explora - Chez Glénat

 

Gévé


LE WALHALLA, C'EST PAR LA

 

Sur la petite île de Rvahr, en pleine mer du Nord, on se les gèle grave. Leurs habitants, Vikings bon teint, ont l’habitude mais leur chef, Toubibdegard, lui, en a plein le dos du froid, de la neige, du gel, du vent glacial ; bref de tout ce qui fait le charme de Rvahr…

 

Une nuit, tous les iliens rêvent tous qu’ils sont des moutons. Comme dans « le livre » ! Dahmar le sage est aussitôt alerté. Il rassemble tout le monde et lit la prophétie : « Quand viendra le grand rêve collectif, la lave se déversera sur vos pifs ». Et alors, « on ira tous au Walhalla, on ira ». Le Walhalla, le paradis des Vikings… Autrement dit, la mort assurée si le volcan se réveille ! Panique à bord mais Dahmar a une théorie : il croit que le paradis, le Walhalla quoi, existe sur terre.

 

Ni une ni deux, un petit groupe de guerriers, avec à leur tête Brömur le zen et Rüdolf le belliqueux (un clin d’œil à Goudurix dans « Astérix et les Normands ») part à la recherche de ce fameux paradis. Il accoste tout d’abord sur une île peuplée de… moutons mis aussi d’hommes affublés de jupettes à carreaux.

 

Là, nos Vikings vont être mêlés à la guéguerre qui oppose les Mac Beef et les Mac Meat, mais finiront pas reprendre la mer. Fin du premier épisode (plein d’humour génial) et pas de Walhalla en vue. Attendons la suite…

 

Walhalla, «Terre d’écueils », par Nicolas Pothier et Marc Lechuga - Chez Glénat (treizeétrange)

 

Gévé


GUERRE EN BELLE PROVINCE

 

Pour les « Pionniers du Nouveau Monde » la vie continue… Benjamin et Louise sont réunis. Dans la Saskatchewan, la factorerie (établissement commercial d'une société dans un pays d'outre-mer, géré par un facteur) de Louise, Benjamin a décidé d’adopter Amélie, jolie petite métisse, fruit de l’union entre Louise et d’un guerrier indien décédé, et de reconstruire une vie de famille...

 

La quiétude aura été de courte durée : deux mille miliciens, sous les ordres du général Montgomery, progressent vers Montréal. C’est la guerre d’indépendance qui va opposer (de 1775 à 1783) les colons britanniques d’Amérique du Nord à leur métropole, la Grande-Bretagne. Montgomery capture les forts Saint John et Chambly, puis rejoint Benedict Arnold  devant Québec. L’hiver déjà présent, il lance l’assaut sur Québec et meurt lors de la première attaque, touché par l’artillerie britannique. Il laisse ainsi, le soin au colonel Arnold de prendre la ville. Le conflit, malheureusement, amènera mort,  tristesse et rancœur dans l’entourage de Benjamin et Louise…

 

Les Pionniers du Nouveau Monde, « Les Insurgés », par Maryse Charles et Ersel (Erwin Sels) - Chez Glénat

 

Gévé

 

LES FRANCS-TIREURS DE BAKER STREET 

 

On a beau s’appeler Sherlock Holmes et être le plus grand détective du monde, quelques paires d’yeux et d’oreilles supplémentaires ne sont jamais de trop si l’on veut traquer le crime à Londres… Et Dieu sait s’il y règne en maître en cette fin du XIXe siècle.

 

Nous sommes en plein dans l’ère victorienne et l’East End, un des quatre « mondes » londoniens, le plus mal famé, celui « des bas-fonds, des taudis et des coupe-gorges ». C’est là, dans le quartier tristement célèbre de White Chapel, que sévit l’ignoble Jack l’éventreur. Le sinistre serial killer, dont les cinq victimes étaient des prostituées, ne fut jamais identifié, jamais arrêté.

 

Mais alors, me direz-vous, que faisait Sherlock Holmes ? Lui si prompt à résoudre l’énigme la plu tordue rien qu’en dévisageant un criminel ou une victime, que n’a-t-il pu vaincre celui qui semait la terreur dans l’East End ? Eh bien, tout simplement parce que notre détective était absent de Londres, de l’Angleterre au moment des faits. S’il avait été présent…

 

« Ma police auxiliaire »

 

Mais revenons au sujet qui nous intéresse ici : les yeux et les oreilles de Sherlock Holmes. Sir Conan Doyle, son illustre « papa » littéraire, lui avait flanqué un médecin, ancien membre de l’armée de Sa Majesté au 5e régiment des Royal Northumberland, ayant servi en Inde et en Afghanistan. Démobilisé après une grave blessure lors de la bataille de Maywand lors de la guerre anglo-afghane (1879-1880), le bon docteur est contraint de rentrer en Angleterre et c’est là qu’il vint partager l’appartement du 221b Baker Street avec Sherlock Holmes (avant de rencontrer sa future épouse, Mary Morstan et de quitter son colocataire et Mme Hudson, leur logeuse). Très attaché à « son » détective, John Watson fut son biographe et le seconda dans toutes ses enquêtes mais rarement Sherlock Holmes l’utilisa pour épier, filer les malfrats de tout poil.

 

Pourtant, le roi des détectives avait des aides. « Je reconnais ma police auxiliaire, les francs-tireurs de Baker Street », confie Sherlock dans « Le Signe des Quatre ». Ces « quatre », les scénaristes JB Djian, de son vrai nom Jean-Blaise Mitildjian, et Olivier Legrand, Normand bon teint, et le dessinateur David Etien les ont mis en lumière dans quatre albums : « Les orphelins de Londres, « Le dossier Raboukine », « L’affaire du rideau bleu » et « Le rossignol de Stepney ». Et l’on attend avec impatience le cinquième ouvrage : « La succession Moriarty ». Moriarty, « le Napoléon du crime », « le plus grand cerveau criminel de toute l’époque victorienne », l’ennemi implacable de Sherlock Holmes, dont il triompha lors d’une ultime empoignade, en Suisse ; le professeur finissant sa misérable existence dans les chutes du Reichenbach (« Le dernier problème »). On crut même à la fin du « consulting detective » mais ce dernier finit tout de même par refaire surface, provoquant un grand choc à son fidèle docteur Watson qui le croyait mort… Fermons la parenthèse…

 

A la découverte de l’Angleterre victorienne

 

Ces « irréguliers de Baker Street », ce sont trois jeunes gamins « futés et débrouillards » issus des bas-fonds de l’East End, trois jeunes monte-en-l’air tirés de la misère par Sherlock Holmes : William Fletcher, dit « Billy » (celui qui recruta les deux autres), Tommy O’Rourke, alias Black Tom, Irlandais casse-cou et forte tête, et Charlie, le plus posé du groupe. Ou plutôt « la » plus posée du groupe puisque Charlie se prénomme en réalité Charlotte. Une fille « garçon manqué » que l’on laisse ainsi tranquille sous son déguisement masculin. D’ailleurs Billy et Black Tom ignorent tout de sa véritable identité…

 

Trois orphelins dans « la bande des quatre »… Alors justement : qui est le quatrième ? C’est Watson, un… chat que Charlie a adopté lors de « L’Affaire du Rideau bleu ».

 

Voici pour la présentation de cette police auxiliaire, si précieuse à Sherlock Holmes. Et l’on ne peut que vous conseiller de lire leurs aventures dans les superbes albums signés Djian, Legrand et Etien, qui reproduisent magnifiquement le Londres de cette fin du XIXe siècle. Et pour mieux le comprendre, mieux cerner ce qu’était la capitale anglaise de la reine Victoria, couronnée en 1838 à l’âge de 19 ans et qui régna jusqu’à sa mort, en 1901, les trois auteurs viennent de sortir, chez Vents d’Ouest également, « Le Monde des Quatre de Baker Street ».

 

Dans cet album, une seule histoire (courte) : « L’affaire du taxidermiste ». Pour le reste, d’excellents textes (et dessins) relatant le parcours des « auxiliaires », de Sherlock Holmes, du docteur Watson, mais qui expliquent aussi ce qu’était la vie au 221b Baker Street et dans les différents « mondes » de Londres (City, Westminster, West End et, surtout,  East End). On y trouve également, en résumé, les exploits les plus significatifs du détective... et des différents criminels. Sans oublier, bien sûr, un chapitre sur Scotland Yard et ses bobbies (et l’incontournable inspecteur Lestrade), sur Mycroft Holmes, le frère de Sherlock, doté des mêmes « extraordinaires facultés d’observation et de raisonnement ».

 

Bref, « Le Monde des Quatre de Baker Street » est plus qu’une BD. C’est un saut dans l’Histoire, dans une époque sombre d’un Londres aux multiples facettes. Passionnant.

 

« Le Monde des Quatre de Baker Street » de Djian, Etien et Legrand - Vents d’Ouest.

 

Gévé

  

UN VOYAGE EXTRAORDINAIRE

 

Nous sommes en 1927. En Grande-Bretagne, les deux cousins Noémie et Emilien, enfants d’une riche famille, ont été extirpés de leur pensionnat par leurs parents, de retour au pays. On ne peut pas dire que l’idée de revenir vivre dans le manoir familial les enchante particulièrement mais ils vont vire trouver de quoi satisfaire leur curiosité, notamment en découvrant les multiples inventions du père d’Emilien.

 

Ce dernier, avec l’aide de Noémie, Amélia et Térence, a réussi à terminer l’engin imaginé par son paternel, sorte de sous-marin capable également se s’élever dans les airs. Une invention avec laquelle Emilien veut à tout prix participer au concours Jules-Verne. Avec pour but de retrouver son père. Lui et ses copains quittent donc Londres pour Paris, en pleine Première Guerre mondiale. Mais ce n’est pas dans le tome 2 de ce « Voyage extraordinaire » qu’Emilien trouvera les réponses à toutes ses questions. Patientons encore…

 

Ceux qui découvriront l’album ou les albums de Filippi et Camboni ne devront pas s’attendre à un récit noir avec la Grande Guerre en toile de fond. Certes, il y a l’opposition de l’époque entre l’Axe et les Alliés mais l’Histoire s’arrête là. La technologie des armements n’a rien à voir avec ce qu’elle était au début du XXe siècle (les robots sont des acteurs à part entière du conflit) et le parcours des deux cousins ne trempe pas dans le mélo. Du fantastique comme on l’aime où rétro et futur se côtoient avec bonheur…

 

« Le Voyage extraordinaire », tome 2, par Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni, chez Vents d’Ouest.


DETECTIVES A LA DISNEY

 

Ce sont les éditions Glénat qui nous proposent, depuis 2010, les aventures des personnages de Walt Disney. Avec, notamment, les rétrospectives des différents héros et de leurs emblématiques dessinateurs : Carl Barks et Don Rosa pour Donald, Picsou et tous les Ducks ; Floyd Gottfredson, Giorgio Cavazzano et Roman Scarpa pour Mickey.

 

Dans la série « Mickey and Co » vient de sortir « Histoires de détectives ». On sait que, dans « Le journal de Mickey », le héros légendaire de Disney endosse souvent le costume d’enquêteur. Dans « Histoires de détectives, il n’est pas le seul à résoudre des énigmes. Dingo, pour les neveux de Mickey, va conter une histoire de son ancêtre Sherlock Dingolmès, appelé à trouver la clé d’un mystère en compagnie de son compagnon, le docteur Mickson. Puis ce sera au tour de Donald de se muer en détective ; un détective bien maladroit qui aura besoin de ses neveux Riri, Fifi et Loulou pour débusquer les coupables. Et Mickey, bien sûr, ne sera pas en reste, lors d’un voyage en train à très grande vitesse…

 

Mickey and Co, « Histoires de détectives », chez Glénat.


UN BAMBIN DE 75 ANS !

 

Toujours fringant malgré les ans ! Spirou, flanqué de ses inséparables Fantasio et Spip, est toujours là. Créé par Rob-Vel en 1938, le petit groom (imaginé par l’éditeur Jean Dupuis) du Moustic-Hôtel, a franchi les décennies sans une ride. Grâce à ses « papas » successifs. Le père le plus attentionné fut sans conteste André Franquin qui réussit à créer un univers inégalé autour de Spirou, avec les arrivées du comte de Champignac, Zorglub, Zantafio, Seccotine et, bien sûr, le Marsupilami. Difficile, dès lors, de lui succéder…

 

Jean-Claude Fournier, Tome et Janry, Morvan et Munuera se sont attelés à la tâche. Sans oublier les essais, très réussis à mon goût, d’Emile Bravo (« Le Journal d’un Ingénu ») et Yann et Olivier Schwartz (« le Groom vert-de-gris »). Car depuis la création, en 1938, de Spirou, devenu un des héros emblématiques de la BD franco-belge, les Editions Dupuis l'ont confié à plusieurs générations d'auteurs (voir par ailleurs). A partir de 2004, le scénariste français Jean-David Morvan et le dessinateur espagnol José Luis Munuera avaient modernisé la série pour rajeunir son public en lui donnant un style proche de celui des mangas. Trois albums sont sortis depuis lors : « Paris-sous-Seine », « L'homme qui ne voulait pas mourir », « Spirou et Fantasio à Tokyo » et « Aux sources du Z ».

 

Mais c’est désormais à l’imagination de Fabien Vehlmann et la plume de Yoann Chivard, assez proches de Morvan et Munuera, que sont confiées les destinées de Spirou. Le duo vient d’ailleurs, cette année, de sortir le 53e album, « Dans les griffes de la Vipère ». Même si la « patte » Franquin ne se retrouve pas dans les derniers albums, l’essentiel est que Spirou, soixante-quinze ans après sa naissance, soit toujours dans les bacs. Pour notre plus grand bonheur. Bon anniversaire !

 

Gévé

 

DE ROB-VEL à VEHLMANN ET YOANN...

 

Créé par Robert Velter sous le pseudonyme de Rob-Vel en 1938 pour le lancement du journal éponyme, Spirou a connu, depuis cette naissance, plusieurs « papas ». Le plus célèbre étant sans conteste André Franquin...

 

Jijé : « Spirou et l'aventure » (1948) ; « Les chapeaux noirs » (1952), avec également des histoires signées Franquin.

 

Franquin : « Spirou et Fantasio » (1948) ; « Quatre aventures de Spirou et Fantasio » (1952) – qui sera l’album 1 des aventures de Spirou, précédé de « L’Héritage » et de « Radar le robot » - ; « Il y a un sorcier à Champignac » (1951) ; « Les chapeaix noirs » (1952) avec Jijé ; « Spirou et les héritiers » (1952) ; « Les Voleurs du Marsupilami » (1954) ; « La Corne de rhinocéros » (1955) ; « Le Dictateur et le Champignon » (1956) ; « La Mauvaise Tête » (1956) ; « Le Repaire de la murène » (1957) ; « Les Pirates du silence » (1959) ; « Le Gorille a bonne mine » (1959) ; « Le Nid des Marsupilamis » (1960) ; « Le Voyageur du mésozoïque » (1960) ; « Le Prisonnier du Bouddha » (1961) ; « Z comme Zorglub » (1961) ; « L'Ombre du Z » (1962) ; « Spirou et les hommes-bulles » (1964) ; « QRN sur Bretzelburg » (1966) ; « Panade à Champignac » (1969) ; « Tembo Tabou » (1974).

 

Jean-Claude Fournier : « Le faiseur d'or » (1970) ; « Du glucose pour Noémie » (1971) ; « L'Abbaye truquée » (1972) ; « Tora Torapa » (1973) ; « Le Gri-gri du Niokolo-Koba » (1974) ; « Du cidre pour les étoiles » (1976) ; « L'Ankou » (1977) ; « Kodo le tyran » (1979) ; « Des haricots partout » (1980).

 

Nic (scénario) et Cauvin (dessin) : « La Ceinture du grand froid » (1983) ; « La Boîte noire » (1983) ; « Les faiseurs de silence » (1984).

 

Tome (scénario) et Janry (dessin) : « Virus » (1984) ; « Aventure en Australie » (1985) ; « Qui arrêtera Cyanure ? » (1985) ; « L'Horloger de la comète » (1986) ; « Le Réveil du Z » (1986) ; « La Jeunesse de Spirou » (1987) ; « Spirou à New York » (1987) ; « La Frousse aux trousses » (1988) ; « La Vallée des bannis » (1989) ; « Spirou à Moscou » (1990) ; « Vito la Déveine » (1991) ; « Le Rayon noir » (1993) ; « Luna fatale » (1995) ; « Machine qui rêve » (1998). Tome et Janry sont également les créateurs du Petit Spirou (1987).

 

Jean-David Morvan (scénario) et José Luis Munuera (dessin) : «  Paris-sous-Seine » (2004) ; « L'Homme qui ne voulait pas mourir » (2005) ; « Spirou et Fantasio à Tokyo » (2006) avec « Le guide de l'aventure à Tokyo » ; « Aux sources du Z » (2008) ;

 

Fabien Vehlmann (scénario) et Yoann (Chivard) (dessin) : « Alerte aux Zorkons » (2010) ; « La face cachée du Z » (2011) ; « Dans les griffes de la Vipère » (2013)

 

Une aventure de Spirou et Fantasio par… : Fabien Vehlmann et Yoann : « Les Géants pétrifiés » (2006) ; Franck Le Gall : « Les Marais du temps » (2007) ; Yann et Tarrin : « Le Tombeau des Champignac » (2007) ; Emile Bravo : « Le journal d’un Ingénu » (2008) ; Yann et Olivier Schwartz : « le Groom vert-de-gris » (2009) ; Lewis Trondheim et Fabrice Parme : « Panique en Atlantique » (2010).

 

On notera aussi les quatre hors-séries : « L'Héritage » (1984), « Radar le robot » (1985), « La Voix sans maître et 5 autres aventures » (2003), « Fantasio et le fantôme et 4 autes aventures » (2003). Le 4e hors-séries comprend, entre autres, l'histoire « Les Coeurs d'acier », récit inachevé d'Yves Chaland (1982).


FANTOMAS NE MEURT JAMAIS

 

Qui n’a jamais regardé la trilogie d’André Hunebelle sur Fantômas ? La série cinématographique cultissime avec Jean Marais, Louis De Funès et Mylène Demongeot ?  Certainement les plus célèbres aventures du héros créé, en 1911, par Pierre Souvestre et Marcel Allain. Eh oui, il n’est plus tout jeune notre Fantômas… Et pourtant, depuis sa naissance, il n’a cessé d’inspirer nombre d’auteurs. Il fut, il est partout ce malfaisant. Dans les romans, bien sûr, au cinéma, certes, mais également à la radio, au théâtre, à la télévision et en bande dessinée.

 

Feuilletons radiophoniques

 

En littérature, Pierre Souvestre et Marcel Allain publieront, entre 1911 et 1913 (« Fantômas est-il mort ? » bouclant la boucle), 32 romans à la gloire de leur « enfant ». Marcel Allain, après le décès de son compagnon d’écriture, réalisera, entre 1926 (« Est-il ressuscité ? ») et 1963 (« Fantômas mène le bal »), 11 romans, tous consacrés à celui qui fit la renommée des auteurs. Tout de suite après-guerre, la télévision n’en est qu’à ses balbutiements et la part belle est encore faite à la radio. Et aux fameux feuilletons radiophoniques. La Radiodiffusion-Télévision Française diffuse 60 épisodes de « Fantômas » entre le 12 novembre 1946 et le 17 janvier 1947. Puis, avec le même intitulé, la RTF remet le couvert entre le 8 mai 1973 et le 16 août 1974. Au cours des 256 épisodes, on reconnaît les voix de Roger Carel, maître es-doublage (Fantômas), Alain Mottet (le commissaire Juve), Claude Nicot (le journaliste Fandor), Catherine Rich (Lady Beltham) ; la narration étant faite par Jean Rochefort. Le 12 mars 1984, c’est France Culture qui prend le relais de la RTF pour «La fin de Fantômas ». Les voix ont changé et l’on reconnaît, sur les ondes, Philippe Clay, Jean-Marc Thibaut, Yves Rénier, Claude Piéplu, Marie-Hélène Breillat et Germaine Montero. Cette « Fin de Fantômas » précède curieusement, sur cette même station, « La naissance de Fantômas », 10 épisodes dirigés par Claude Guerre du 13 au 24 mai 1991. Et Med Hondo prêtera sa voix au héros le 7 août 91 pour l’ultime feuilleton (« Fantômas ») diffusé par France Culture.

 

Jean Marais et Louis De Funès : inoubliables

 

Sur le petit écran, c’est Antenne 2, sous la baguette de Claude Barma, en 1979, qui invitera Fantômas dans les foyers français pour quatre épisodes de 90 minutes écrits par Bernard Revon. Mais d’illustres réalisateurs se piqueront au jeu et en 1980, Claude Chabrol réalisera « L’échafaud magique » et « Le tramway fantôme », avec Helmut Berger (Fantômas), Jacques Dufilho (Juve), Pierre Malet (Fandor) et Gayle Hunnicutt (Lady Beltham) ; Juan Luis Bunuel tournant « L’étreinte du diable » et « Le mort qui tue ». L’INA, en 2011, a réuni ces feuilletons sous forme de DVD, intitulés « Les inédits fantastiques ». Dans les salles obscures, c’est Louis Feuillade qui, en 1913 et 1914, portera Fantômas à l’écran. Pour cinq films : « Fantômas » (avril 1913), « Juve contre Fantômas » (septembre 1913), « Le mort qui tue » (novembre 1913), « Fantômas contre Fantômas » (février 1914) et « Le faux magistrat » (mai 1914). Mais c’est dans les années 60 que Fantômas gagnera en popularité. Grâce à l’incontournable duo Jean Marais – Louis De Funès. Sous la direction d’André Hunebelle, les deux compères seront trois fois réunis pour « Fantômas » (1964), « Fantômas se déchaîne » (1965) et « Fantômas contre Scotland Yard » (1967). Le réalisateur amenait, là, la touche d’humour qui fait que, presque quarante ans après, ces films connaissent toujours le succès.

 

La BD ressuscite Fantômas

 

On le constate : Fantômas est un personnage récurrent, maintes fois utilisé et reconnu par tous. Pour Blaise Sandars, il est « L’Enéide des temps modernes », pour René Magritte, « La science de Fantômas est plus précieuse que la parole. On ne le devine pas – et l’on ne peut douter de sa puissance ». Guillaume Apollinaire lui-même disait que « Fantômas est, au point de vue imaginatif, une des œuvres les plus riches qui existent ». Alors que Jean-Paul Sartre tançaient ses détracteurs : « Ils me font bien rire, aujourd’hui, ceux qui déplorent l’influence de Fantômas. Croit-on que les enfants ne choisissent pas leurs poisons eux-mêmes ? J’avalais le mien avec l’anxieuse austérité des drogués ». Dans la jungle des publications et diffusions, la bande dessinée n’est pas en reste. Alors que littérature, cinéma et télévision semblent avoir oublié le personnage de Souvestre et Allain, le 9e Art, lui, s’y intéresse toujours… On y trouve Fantômas dès 1941 sous forme de comics (« Fantômas contre les Nains »). Avec Julio Cortazar au dessin et Alfredo Cardona Pena au scénario, Fantomas (sans accent circonflexe) s’invite au Mexique. En 2002-2003, Damien Cabiron nous offre, chez Osmose Editions, trois volumes décalés (« Le double rêve de Lady Beltham »,« Fandor au paradis » et « La dame qui aimait la foudre »), avant les deux ouvrages de Benoît Preteseille : « Fantômas, le Dernier Geste » (2008, Editions Warum) et « L’Art et le Sang » (2010, Editions Cornélius) avec des noms modifiés (Fatamas, Juvet, Fandore). Puis arrivent le Bellifontain Olivier Bocquet (scénario) et la Canadienne Julie Rocheleau (dessin). Et là, dans le premier opus de « La Colère de Fantômas », « Les bois de justice », on retrouve toute la noirceur du personnage. Point d’humour, place au polar ! L’intrigue est bien construite (En 1911, les Parisiens assistent à l’exécution de Fantômas mais celui-ci ne tardera pas à prouver, lors d’une représentation théâtrale, qu’il est bien vivant), le dessin très stylisé et le lecteur n’a qu’une hâte : connaître la suite de cette intrigue policière au sein de laquelle, naturellement, le commissaire Juve, le journaliste Fandor et Lady Beltham ont leur place…

Gévé

 

« La Colère de Fantômas » - Tome 1 : « Les bois de justice », par Olivier Bocquet et Julie Rocheleau - Editions Dargaud

VALENTINE OU LA DURE VIE D’UNE COLLEGIENNE

 

Nous avions quitté Valentine alors qu’elle allait fêter son quinzième anniversaire. Valentine, une ado comme les autres, gentille, timide, amoureuse de Félix. Mais de cette passion, elle n’en parlait à personne. Ni à sa mère, ni à ses meilleures copines… D’ailleurs, exit Félix dans le tome 2. Vanyda, depuis le mois dernier, nous offre la suite des aventures de Valentine. Qui amène, la jeune fille dans sa dernière année de collège. Naturellement, et chacun de nous s’en souviendra avec un brin de nostalgie, l’auteur fait la part belle aux à-côtés. Car qui dit collège ne dit pas forcément cours, interros, devoirs, colle, etc. Dans ce tome 2 des aventures de Valentine, qui succède à la trilogie « Celle que… », alors publiée en noir et blanc, on suit surtout les amourettes de la jolie brunette (parfois en conflit avec sa mère, comme souvent les jeunes de son âge) et de ces copines ; les émois, les coups de cœur et les ruptures qui arrivent aussi soudainement que les flirts sont apparus. Bref, la vie sentimentale des ados au collège, avec ses côtés mignons et vachards. Et tout ceci se termine à la boum de fin d’année scolaire, après les rencontres sportives interclasses (Valentine est une excellente gardienne de handball) et avant la découverte du lycée. Où des désillusions attendent Valentine. Mais cela, c’est une autre histoire…

 

« Valentine » - Tome 2, de Vanyda - Editions Dargaud

 

Vanyda en bref

 

D’origine franco-laotienne, Vanyda Savatier (qui n’a gardé que son prénom pour ses albums) est née le 8 octobre 1979. Après des cours aux Beaux-Arts de Tournai, section bande dessinée (elle a dessiné sa première à l’âge de 6 ans), elle s’installe à Lille en 2001 où elle partage un atelier avec quatre comparses des Beaux-Arts : François Duprat (avec lequel elle signe « L’Année du dragon »), David Bolvin, Rod et Nicolas Delestret, au sein de l’association La Malterie. En solo, elle publie deux trilogies : « L’Immeuble d’en face » et « Celle que… ». Primée dans de nombreux festivals de BD, sélectionnée à plusieurs reprises à Angoulême, Vanyda a également été récompensée par Publishers Weekly pour la version anglaise de « L’Immeuble d’en face ».

Gévé


LA PRESIDENTIELLE EN BD 


L’élection présidentielle approche à grands pas et la littérature s’en donne à cœur joie. La bande dessinée ne donne pas sa part au chat…

 

Ah, le temps béni des élections… Plus particulièrement, celle année, la présidentielle. Chacun y va de son petit bouquin, plus ou moins bien senti. Et pas forcément intéressant. Mais cette période donne des ailes à tous ceux qui manient la plume. On peut déverser sa bile ou sortir l’encensoir. Bref, on est publié et on profite de la situation pour mettre du beurre dans les épinards… Car on est à peu près certain d’être lu. Eh bien, il en va de même en bande dessinée. Les élections stimulent l’imaginatif et le 9ème art nous concocte, lui aussi, quelques ouvrages bien sentis.

Le premier a être sorti dans les bacs, on le doit à des habitués de la politique : Jean-Claude Morchoisne et Didier Porte (voir article "Croqueurs de politique"). Le premier nommé dessine ; le second écrit. Morchoisne, tout le monde le connaît. Depuis ses célèbres « Grandes Gueules » parues dans Pilote en 1968, il est devenu le maître incontesté de la caricature politique. Avec l’album « Ces grosses bêtes qui nous gouvernent », on a droit à une belle galerie de portraits, partant d’un animal en poils, en plumes ou en écailles », pour arriver à une « bête » politique fort ressemblante.

 

Pour agrémenter ces croquis, on a droit aux textes de Didier Porte, journaliste qu’on ne présente pas non plus, viré de France Inter en 2010 et désormais membre de l’équipe de « A la bonne heure », animée par Stéphane Bern. Des textes forcément irrévérencieux.

 

Mais, dans « Ces grosses bêtes qui nous gouvernent », sorti avant la clôture des 500 signatures, on regrettera que les dix candidats au siège suprême ne soient pas tous « croqués » par Morchoisne et Porte…


« Ces grosses bêtes qui nous gouvernent » - Jean-Claude Morchoisne et Didier Porte - Dargaud - 16 €

L’album, proposé par Jul (voir article "Croqueur de politique"), permet à chacun de « composer » son président idéal. « Le Président de vos rêves » se présente comme un livre « pêle-mêle » pour enfants : trois bandes (cartonnées) par page (tête, corps, jambes) avec, sur chaque partie, un texte. On peut alors marier à loisir les corps et les citations et obtenir la tête d’Eva Joly sur le corps de François Bayrou et les jambes de Mélenchon. Et mélanger du même coup les professions de foi. En tout : 1728 possibilités. Mélanges loufoques, mariages contre nature : ce qui est sûr, c’est que l’on ne s’ennuie pas en composant sa « tambouille présidentielle ». Si, avec cela, vous ne trouvez pas votre président idéal…

 

« Le Président de vos rêves » - Jul - Dargaud – 9,99 €

Gévé

CROQUEURS DE POLITIQUE

 

Jean-Claude Morchoisne, né en 1944, a commencé sa carrière de dessinateur en 1965 dans le « Journal des Pieds nickelés », avec son frère Jacques au scénario. Influencé par Franquin, Jack Davis (« Two-Fisted Tales » ; « Frontline Combat, etc.) et Mort Drucker (« The JFK Coloring » ; « Benchley »), il se consacre à la caricature à partir de 1968 ; ces premières « Grandes gueules » paraissant dans Pilote. En 1973, il lance le magazine « Mormoil », puis s’oriente vers la télévision tout en dessinant plusieurs albums ; certains en collaboration avec Laurent Gerra (« Ces cabots » et « Les Cromagnons de la politique »). Morchoisne a été récompensé de nombreux prix et ses dessins ont été exposés dans le monde entier.

 

Didier Porte, né en 1968, a d’abord été journaliste pour la presse écrite, la radio et la télé. Il devient chroniqueur sur France Inter dans « Zappinge », « Audimatraquage » et « Rien à cirer ». Remercié en 1996 pour « inhumanité, il revient à Inter trois ans plus tard pour signer la chronique quotidienne de l’émission de Stéphane Bern, « Le Fou du roi ». Stéphane Bern qu’il a rejoint en 2011 sur RTL pour l’émission « A la bonne heure », après avoir été de nouveau viré de France Inter un an plus tôt.

 

Jul est né en 1974. Grand consommateur de dessins animés, films et bandes dessinées durant sa jeunesse, il a une vision du monde marquée par un sens prononcé de l’humour et un esprit satirique. Après Normale sup et une agrégation, il devient professeur d’histoire chinoise avant de s’orienter vers le dessin de presse. Il débute dans Le Nouvel Observateur puis rejoint Charlie Hebdo en 2000. En 2005, il publie son premier album « Il faut tuer José Bové », suivi de « La croisade s’amuse », des parodies de notre actualité. Il est aussi l’auteur du « Guide du moutard » pour survivre à neuf mois de grossesse (prix-René Goscinny 2007). Chez Dargaud, il réalise la série préhistorique « Silex and the City », bientôt adaptée à l’écran. « La Planète des sages », encyclopédie mondiale des philosophes écrite avec Charles Pépin, a marqué l’année BD 2011.

Gévé

PRESIDENT A LA PLACE DU PRESIDENT

 

- Fille de, fils de : bien souvent, le nom est lourd à porter. Anne, Nicolas, l’aura de vos pères a-t-elle été un frein à vos projets ou vous a-t-elle au contraire galvanisés ?

 

Nicolas : Porter le nom de mon père a toujours été une fierté. J’ai toujours admiré son travail et son œuvre. La complicité humaine et artistique que nous avions a toujours été un moteur dans ma vie. Je suis très heureux et épanoui de poursuivre le dessin de la série Iznogoud dans les traces de mon père. Après des années de travail, le don qu’il m’a transmis par le sang s’exprime aujourd’hui sous mon crayon sans le copier ni le trahir.

 

Anne : Mon nom est toujours synonyme de rires et de sourires. Souvent lié aussi à des souvenirs d’enfance… C’est un nom doux à porter. Quand on me parle de mon père c’est toujours pour me dire qu’il a été fondateur dans la découverte du plaisir de lire. Ce qui est lourd à porter en revanche c’est l’absence. Mon père est mort quand j’avais 9 ans… Il a fallu apprendre à vivre sans lui. J’ai une passion dans la vie, l’écriture. Passion à deux têtes car elle ne va pas sans la lecture. Jamais je ne me comparerai à lui. Ce serait suicidaire et peu constructif. Mais toujours je me demande : aurait-il aimé ce que je fais ?

 

- Le succès, comme ceux d’Astérix, des albums d’Iznogoud n’est plus à démontrer. N’avez-vous pas eu peur de faire revivre le personnage ?

 

Nicolas : Quand je suis né, Iznogoud était déjà là. Il fait partie de ma vie comme un frère de papier. On a peur de ce l’on ne connaît pas. Depuis que je le dessine je le connais de mieux en mieux. J’ai la sensation que mon père me l’a confié afin que j’en prenne bien soin, ce que je fais de toutes mes forces et avec une alliée de taille, Anne Goscinny aux commandes de la nouvelle maison d’édition qui édite désormais cette série qui est resté dans la famille des auteurs. Une belle union au moment des 50 ans d’Iznogoud.

 

Anne : S’emparer d’un personnage est une immense responsabilité. J’ai appréhendé cette nouvelle aventure sans aucune légèreté, avec un sérieux de notaire ! J’espère que je serai plus détendue la prochaine fois. Et puis Nicolas Tabary me faisant confiance, la pression était d’autant plus grande. Il ne faut pas décevoir les lecteurs. Il fallait donc s’inscrire dans la tradition chère à Iznogoud (les jeux de mots par exemple) et se démarquer de l’original ! Une espèce de quadrature du cercle ! L’album vient de sortir et j’espère avoir réussi cette gageure. J’espère aussi que ce n’est que le début de cette troisième vie d’Iznogoud… Seuls le plaisir et l’envie décideront  de la publication un autre album.

 

- On connaît la patte, l’humour de René Goscinny. Lui succéder au scénario n’est pas facile. Nicolas Canteloup et Laurent Vassilian sont-ils dignes de reprendre le flambeau ?

 

Nicolas : En effet, Nicolas Canteloup et Laurent Vassilian ne sont pas des scénaristes de bandes dessinées mais ils sont rodés à l’humour politique, ils ont le talent et les idées. Ils connaissent bien la fameuse phrase « Je veux être calife à la place du calife ! » imaginée en 1962 par René Goscinny et entrée depuis dans le langage courant. Avec cette base et l’aide précieuse d’Anne Goscinny qui les a accompagnés dans cet exercice nouveau d’une plume et d’un œil bienveillants, ils ont accompli un travail exceptionnel de modernité et de richesses tout en collant et en respectant l’univers imaginé par son scénariste 50 ans plus tôt. Je leur tire mon turban !

 

Anne : C’est très compliqué pour moi de décréter que quelqu’un est digne de mon père ! Seul mon père aurait pu légitimement adouber ses successeurs. Il n’a pas eu le temps d’imaginer l’avenir de ses personnages… Ni le sien d’ailleurs. Alors, ayant pris la décision d’offrir à Iznogoud une nouvelle chance de devenir calife à la place du calife, je me suis posé la seule question qu’il fallait se poser : « Qui aujourd’hui me fait rire ? » Et la réponse s’est imposée : Nicolas Canteloup et ses auteurs le matin sur Europe 1. Leur humour a souvent des fulgurances à la fois surréalistes et décalées. Je les ai rencontrés, et ils ont accepté ce challenge. Le résultat est venu confirmer mon intuition. Je crois qu’ils ont pris du plaisir à animer ce drôle de personnage… Et moi, j’ai été très heureuse d’être à l’origine de cette aventure.

 

- Le scénario, c’est l’âme des albums de BD. Tout le monde n’est pas Franquin ou Tibet (pour Chick Bill) capables de cumuler avec bonheur textes et dessins. Quand Albert Uderzo l’a fait, les aventures d’Astérix ont, c’est mon ressenti, perdu de leur saveur. Est-ce difficile de trouver de bons scénaristes ?

 

Nicolas : Ecrire le nouveau scénario de « Iznougoud président » était un pari risqué. Ils ont eu ce courage et ont accepté le challenge que leur proposait Anne Goscinny. Ils se sont mis en danger et du coup, ils ont mis la barre haute pour un résultat particulièrement réussi. Cet album est une belle surprise pleine de surprises !

 

Anne : Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites d’Astérix. Albert Uderzo a eu la force, le courage et le talent de continuer. S’il n’avait pas pris cette décision, la mort d’un seul homme aurait entraîné la disparition de tout un village et aujourd’hui on lui en ferait reproche. On peut je l’admets dire qu’Astérix a changé depuis la mort de mon père. Mais moi aussi j’ai changé, ma mère a changé, Albert a changé. Imaginez le cataclysme que nous avons tous vécu. Mon père est mort si brutalement. Mais je suis d’accord avec vous quand vous dites que le scénario, c’est l’âme des bandes dessinées. Parfois, l’âme est lasse, d’autres fois, elle brille. J’espère qu’ici avec Iznogoud Président, vous la trouverez brillante !

 

- Hormis pour les superhéros américains (Batman, Superman, etc.) et à un degré moindre Astérix (version Chabat), les adaptations des personnages de BD au cinéma n’ont pas connu le succès escompté. Ce fut le cas pour Tintin en 1961 (Tintin et le mystère de la Toison d’or) et 1964 (Tintin et les oranges bleues), Lucky Luke, les Dalton, puis pour Iznogoud en 2004. Y a-t-il une vraie barrière entre le héros dessiné et sa transposition humaine ?

 

Nicolas : Le public ne devrait pas comparer la BD au film. On doit prendre du recul et voir avant tout une adaptation cinématographique, comme un cadeau visuel. Le juger aux mêmes titres que n’importe quel autre film. Il est impossible de coller à l’œuvre originale. Alain Chabat non plus n’a pas collé à l’œuvre originale il a simplement mis sa patte personnelle et ça a fonctionné, il a pécho le public ! Moi j’ai adoré le film de Patrick Braoudé qui a fait un véritable travail d’auteur et l’interprétation de Mickaël Youn était absolument exceptionnelle. Il était habité par le personnage.

 

Anne : Quand un réalisateur adapte une bande dessinée (ou un livre), il réécrit son livre, ou sa bande dessinée. Certes, il a pour base des personnages que l’on a l’habitude de voir s’animer de case en case et parler en bulles. Mais il créé de nouveaux personnages qui son nés de son interprétation à lui. L’Astérix de Chabat est fondamentalement différent de celui de Zidi. Ils ont chacun leur vision de ce personnage. Et je vais plus loin : quand on va au cinéma voir un Astérix, on ne va pas voir un Astérix de Goscinny et Uderzo, on va voir l’Astérix de Chabat ou bientôt celui de Laurent Tirard. Et le spectateur a une chance sur deux d’être déçu : soit l’interprétation qu’en a fait le réalisateur colle avec la sienne propre, soit elle ne colle pas. Après, il y a des raisons plus objectives dans les échecs des films dont vous parlez, la première d’entre elles, celle qui saute aux yeux, c’est le défaut de scénario. Un personnage aussi fort soit-il, ne supporte pas un scénario médiocre. Un film ne peut pas reposer entièrement sur la célébrité de son héros.

 

- Spielberg a, lui, choisi l’animation pour porter Tintin à l’écran. Qui plus est en 3D. Tenteriez-vous l’expérience avec Iznogoud et que pensez-vous du choix de Spielberg ?

 

Nicolas : Le Tintin de Spielberg est de toute beauté et constitue un voyage graphique extraordinaire. J’imagine tout à fait le pays des Mille et une nuits du Grand vizir Iznogoud transposé sur Grand écran entre les mains magiques de ce grand réalisateur.

 

Anne : Je n’ai pas aimé le Tintin de Spielberg. J’ai trouvé que la technique à ce point aboutie prenait le pas sur la sensibilité. Je ne vais pas au cinéma pour voir une performance technologique, mais pour rêver, pour fantasmer, pour m’enrichir d’univers qui me sont étrangers. Le cinéma en relief a parfois des vertus. Mais le relief pour le relief m’agace. En ce qui concerne la 3D, je crois qu’Iznogoud est trop humain pour supporter d’être désintégré et réintégré ! Maintenant si Spielberg a envie de s’intéresser à la question, je lui donne rendez-vous où il veut et quand il veut !

 

- Avec « Iznogoud président », le personnage, pour ses 50 ans, sort des oubliettes. Ce nouvel album va t-il le relancer vraiment ; d’autres aventures sont-elles prévues ?

 

Nicolas : Il serait injuste de dire que Iznogoud sort des oubliettes. Depuis la mort de René Goscinny, mon père a édité et promotionné une quinzaine de nouveaux albums d’Iznogoud et pour lesquels il a participé à nombre de dédicaces. Il serait plutôt sympa de lui rendre hommage pour sa carrière et tout le travail qu’il a accompli pour garder Iznogoud accessible à son public pendant toutes ces années. Les oubliettes dont vous parlez concerne surtout la période où il a été enfermé dans une bulle, après en avoir tant créé, suite à l’AVC qu’il a fait en 2004 qui l’a coupé du monde et le décès de ma mère l’année suivante. Malgré ce drame vécu de plein fouet par ma sœur, mon frère et moi, nous avons dû faire face à nos responsabilités et gérer la maison d’éditions familiale. Ainsi est né en 2008 un nouvel album, « Les mille et une nuits du Calife » pour remettre Iznogoud dans la lumière avant de le céder en 2011 à notre « sœur » de cœur Anne Goscinny où il rejoint au sein de sa maison d’édition IMAV, son petit frère « Le petit Nicolas ». Une nouvelle vie démarre pour notre méchant Iznogoud mais néanmoins attachant, avec, sans nul doute, de futures aventures à la clef.

 

Anne : Nicolas a raison ! Son père s’est beaucoup battu et parfois dans des conditions difficiles. On peut dire qu’Iznogoud aura eu trois vies : la première quand mon père et Jean Tabary l’animaient, la deuxième, après la mort de mon père et la troisième avec de nouveaux scénaristes. La transition entre la deuxième et la troisième vie a été assurée par Nicolas Tabary, son frère et sa sœur. Une fois encore je voudrais rendre hommage à l’immense talent de Jean Tabary. Pour lui, comme pour Albert Uderzo, la mort de mon père a été un deuil impossible. Et pourtant, il a continué avec un talent fou. Aujourd’hui, si on imagine que les morts gardent sur ceux qu’ils aiment un œil, je suis certaine que Jean est très fier de son fils. Nicolas a accompli là un travail remarquable de finesse et d’intelligence. Il s’inscrit dans les traces de son père, tout en faisant son propre chemin. J’espère pour Iznogoud qu’il y aura d’autres aventures. Mais encore une fois, c’est une décision qui doit être dictée par le plaisir et l’envie.

 

- 2012, année de la présidentielle : le thème de l’album était tout trouvé. Mais ce thème sera-t-il vraiment accrocheur ? Les fans d’Iznogoud se retrouveront-ils dans cet album forcément politisé ?

 

Nicolas : Mais tout le monde peut se retrouver dans cet album. Par définition la politique nous concerne tous et chaque jour dans notre quotidien. De plus, comme aimait le dire mon père, « En chaque homme il y a un Iznogoud qui sommeille. ». Ce nouvel album « Iznogoud Président » nous apporte un peu d’humour et de bonne humeur pour illustrer une campagne présidentielle qui s’annonce bien austère vu la conjoncture. Iznogoud s’est invité à la fête et compte bien en profiter.

 

Anne : Ne vous fiez pas aux apparences ! Le thème était loin d’être trouvé. En effet, il était capital pour moi que cet album ne soit pas l’album d’une campagne présidentielle. En d’autres termes, je voulais que cet album ne soit pas une référence à des personnages dont on parle aujourd’hui. Sinon, il serait illisible dans cinq ou dix ans. Ce qui est à la mode est par définition éphémère. Et je trouve qu’Iznogoud ne doit pas être soumis à un calendrier précis. L’ambition, est indémodable. Jean tabary avait raison, nous sommes tous l’Iznogoud de quelqu’un et nous avons tous près de nous un Iznogoud. Tous nous envions notre prochain et réciproquement ! L’argument politique est dans cet album simplement le prétexte à quelques jeux de mots et situations comiques. C’est tout. Et oui je crois que les fans retrouveront dans cet album l’Iznogoud qu’ils aiment…

 

- Que pensez-vous de la tendance actuelle qui est de faire vivre les héros de BD à l’âge des culottes courtes ?

 

Nicolas : C’est drôle car mon père a réalisé un album d’Iznogoud en 1980 intitulé « L’enfance d’Iznogoud » dans lequel on apprend comment Iznogoud, alors enfant, devient méchant car ce dernier en « culottes courtes » était en fait gentil (comme nous tous ! rires !). Je trouve l’idée sympa, elle permettrait à un public jeune d’accéder à l’univers magique des Mille et une nuits créé par René Goscinny et jean Tabary. Et dessiner « Le petit Iznogoud » dans la maison d’édition du « Petit Nicolas » serait pour moi une tendre aventure éditoriale. À suivre…

 

Anne : C’est une bonne idée mais je crois que l’écueil serait que cette idée devienne une série. Il faut que cela reste ponctuel. Les personnages de bandes dessinées ont l’âge qu’ils ont quand leurs créateurs leur donnent vie. C’est pour ça qu’ils sont immortels. Si on les imagine enfant, on pourrait aussi les imaginer vieux… Et la vieillesse est connue pour n’être pas très loin de la mort… Donner une enfance à un personnage est une décision qui implique que l’on réfléchisse à sa vieillesse. L’étape suivante serait les obsèques ?! Mais ce point de vue n’engage que moi et s’explique peut-être par le fait que je n’ai pas eu accès à l’enfance de mon père (il est mort avant d’avoir eu le temps de me la raconter) et que je n’aurai de fait pas connu sa vieillesse. Je cherche peut-être à appliquer à ses personnages ce qu’il me reste de son histoire…

 

"Iznogoud président" de Canteloup, Vassilian et Tabary (IMAV Editions) - 48 pages - 11 €

 

Article paru dans Vosges Matin

Gilles VARIN

SERIE EN COURS

 

Le succès des séries à la télévision a donné l’idée au facétieux Albert Algoud de placer notre (petit) personnel politique dans les meilleurs feuilletons du moment. Le dessin de Gervais, particulièrement acéré, donne corps à ce bouquin qui s’inscrit parfaitement dans l’actualité.

 

On y trouve évidemment les Experts à Manhattan et l’épisode de la Suite 2806 où est impliqué le directeur du FMI (Femme de Chambre Incluse). Ce même anti-héros est la vedette de… Strauss Trik. Toute l’armada de la franchouille-politique est au rendez-vous : Hulot-Joly dans un gars, une fille ; Aubry dans Martine, ange gardien ; Sarko dans 24 % chrono et dans Amicalement vôtre avec son pote Villepin ; Giscard et Chirac dans les… Tu dors ? ou comment « émerger de sa léthargie avec majesté ». Et tout s’achève sur les disparus où se côtoient Chevènement, Dati , Kouchner et autres MAM.

 

La caricature est un art qui dit souvent plus qu’un long discours sur les comportements des hommes (et femmes) publics. En cela, elle est non seulement utile mais nécessaire. Régalez-vous.

 

« Experts, drôles de dames et mentalistes » de Gervais et Algoud (Fetjaine) - 56 pages - 16 €